Dans START-265, Minamo incarne une célèbre influenceuse qui gagne franchement bien sa vie. Un jour, alors qu’elle est arrêtée en voiture à un feu rouge avec son petit ami tout aussi BCBG qu’elle, elle sent soudainement une matière visqueuse couler sur sa joue. Peu de temps après, des photos d’elle dans des positions compromettantes tournent sur internet. Elle n’a aucun souvenir d’avoir fait ces photos et s’en va se plaindre à un service qui s’occupe des harcèlements sexuels. Alors qu’elle patiente dans le bureau, elle découvre brusquement le chemisier qu’elle porte lacéré et les hommes autour d’elle nus. Décidément, quelque chose ne tourne pas rond. Ces événements surnaturels pourraient-ils avoir un rapport avec ce clochard qu’elle a croisé et royalement méprisé ?
En matière de JAV, on touche probablement au sublime avec START-265. Foutraque, certes, mais pas décervelé pour autant.
Minamo sélectionne presque toujours ses films et force est de constater que ses choix se révèlent vraiment intéressants. À voir START-265, on peut même imaginer qu’il a été conçu pour elle. Si le passage de Minamo dans le cabinet d’un chirurgien esthétique ne fait pas de doute, on ne peut que convenir que le résultat est franchement impressionnant, mélange de fantasmes masculins contradictoires.
Ainsi, pour START-265, Minamo incarne à merveille la jeune citadine mijaurée, qui ne connaît rien de la vie et indécemment abonnée au luxe. Le contraste ressortant de sa confrontation avec le pouilleux qui va lui faire des misères est d’autant plus saisissant. Se heurtent ainsi deux mondes, celui de la superficialité et de l’artificiel, ainsi que, bien plus prégnant, la réalité de la pauvreté que subit amèrement une partie de la population que le Japon souhaiterait bien cacher aux yeux de ses touristes.
La vengeance contre cette disparité sociale va ainsi exploser dans un final à couper le souffle lorsque le clodo décide d’aborder Minamo dans un restaurant de luxe. Après avoir usé de sa capacité à arrêter le temps, le SDF jette Minamo dans un grand sac comme une vulgaire poupée et l’emmène chez lui où l’attendent avec impatience ses copains. Pour le coup, Yazawa Reshi-bu a engagé les hardeurs les moins sexys du JAV… Une fois leur affaire bouclée, Minamo termine dans une poubelle, nue, préservatif à la bouche.
Comble d’ironie, le maître d’hôtel lui propose alors gentiment de vider les lieux. La voilà découvrant par la même occasion le sort que l’on réserve aux déshérités qu’elle regardait précédemment de haut.
Pour dépeindre cette ambiance survoltée, le très ambitieux Yazawa Reshi-bu s’impose comme l’un des meilleurs réalisateurs du JAV, aux côtés de Nagae. Dans un tout autre domaine, certes, mais Yazawa Reshi-bu démontre ses compétences de manière évidente. D’abord en multipliant les dialogues explosifs comme lorsque les clodos s’extasient sur la délicieuse odeur qui se dégage de l’influenceuse. Puis, en accumulant les idées de mise en scène et en s’en donnant à cœur joie avec ce concept du temps arrêté qui permet de filmer la même scène en proposant les conséquences, avant les explications. Un principe qui génère un intérêt constant pour l’intrigue.















