Même si l’on n’aura pas l’audace de parler d’oeuvre en ce qui concerne les productions signées Yazawa Reshi-bu, il faut reconnaître qu’à l’aide de ses JAV, le bonhomme est tout de même en train d’édifier quelque chose. Après les sombres SDMF-038 et SDMF-040, ainsi que le rigolo START-114, le réalisateur continue de s’intéresser à des thèmes compliqués, voire tabous. Cette fois-ci, START-196 s’attache à une jeune femme qui passe devant les juges parce qu’elle a pris la mauvaise habitude d’arnaquer les hommes qui ont eu le malheur de la rencontrer. Au tribunal, son affaire est exposée. Quant à son histoire personnelle, c’est elle qui s’apprête à nous la conter.
START-196 juxtapose ainsi des séquences dévoilant le passé de Kanan, exploitée pour son corps par les hommes, avec d’autres séquences durant lesquelles la demoiselle exprime ce qu’elle aurait souhaité. Ses aspirations se trouvent dévoilées à travers sa rencontre avec Nakata, incarné par Ippei Nakata, répondant toujours présent actuellement lorsqu’il s’agit d’un JAV marginal.
À chaque fois, Nakata parle avec la voix de Kanan, ce qui s’avère perturbant, novateur, expérimental même. En prenant de telles voies, un réalisateur prend des risques évidents. Parfois, cela fonctionne admirablement. On notera néanmoins que la scène du procès est peut-être trop ambitieuse. En effet, même avec des sous-titres anglais approximatifs, les dialogues semblent manquer de naturel, tout comme l’interprétation des acteurs-figurants.
STAR-196 reste toutefois une oeuvre à décrypter. D’autant plus qu’il s’agit là d’un film pornographique dont le personnage principal émet le regret que l’on ne s’intéresse qu’à son corps, et que l’on ne la regarde pas, elle.



















