Yazawa Reshi-bu s’impose incontestablement dans une spécialité tabou : la mise en images d’histoires incestueuses. REAL-836, SDDE-700, SDMF-040, SDMF-038… Tous ont fait l’objet d’un article en ces pages et ne représentent probablement que la partie immergée de l’iceberg. Nouvelle entrée à ajouter à cette liste appartenant elle-même à une catégorie maudite du porno, SDMF-052 dispose d’une histoire franchement atypique.
Le frère de Shizuka souffre de dépression et ne quitte plus sa chambre. Ses parents, dépassés, ont baissé les bras. Shizuka est la seule à entretenir encore des relations avec son frère. Elle lui apporte ses repas, mais pas seulement.
C’est peu dire que SDMF-052 ne respire pas la joie. L’atmosphère s’avère franchement morose et lorsqu’il n’y a pas de sexe, la musique retentit uniquement pour annoncer les drames. Le foyer, quant à lui, se transforme en un lieu de confinement dont la familiarité revêt des aspects suspects. Les chuchotements incessants par lesquels les deux adolescents échangent laissent, pour leur part, sourdre un lourd secret.
Dans cette sombre tragédie, Shizuka propose un personnage de grande sœur franchement surprenant. Toujours souriante et bienveillante vis-à-vis de son frère, elle ne va pas pour autant éviter de sombrer dans d’étranges déviances. Victime et coupable à la fois, elle transforme, petit à petit, son frérot en poupée humaine, s’amusant à lui couper les cheveux, à le vêtir comme bon lui semble… C’est d’ailleurs toujours elle qui le sollicite. Et, lorsqu’elle lui offre des lunettes de réalité virtuelle, ne serait-ce pas, d’une certaine manière, une façon détournée d’entretenir son repli sur lui-même ?
Difficile de saisir tous les détails lorsque l’on ne maîtrise pas la langue nippone. Néanmoins, Yazawa Reshi-bu livre manifestement un propos intéressant, laissant suggérer toutes les nuances que peut revêtir le statut de victime.



















