Yuka (Tada Yuka) est une femme au foyer méprisée par son époux dans NSFS-389.
Il ne lui parle plus et lui fait encore moins l’amour. Comme la femme au bord de la quarantaine ne peut pas, en plus, avoir d’enfant, elle se sent vidée du peu d’estime de soi qui lui restait. Craignant d’être abandonnée et de se retrouver démunie, elle parvient à trouver la force de chercher un travail qu’elle finit par dégoter : quelques heures de ménage à effectuer dans les locaux d’une petite entreprise.
Là, tout le monde a l’air bien gentil, jusqu’à ce qu’elle brise maladroitement un vase, soi-disant de grande valeur. Dans l’entrepôt, son parton lui demande de s’incliner devant lui. Avec son assistant Carlos, il se met en devoir de participer au pardon de Yuka… Une scène d’une intensité franchement remarquable, merveilleusement servie par trois acteurs admirables…
Dans le rôle du patron intraitable, on trouve le très rare Moutan qui parvient, grâce à son charisme, à retranscrire le despotisme accordé aux patrons par le droit du travail sur leurs employés. Le contraste avec les traits doux de son visage, presque féminin, génère un trouble chez le spectateur, ainsi qu’auprès de son assistant incarné par le hardeur Carlos, mais surtout chez la pauvre Yuka.
C’est bien d’un viol dont il s’agit ici, mais accompli au sein d’une relation d’une subordination qui fait froid dans le dos. Là, force est de constater la qualité de la prestation très réaliste de Tada Yuka qui, dénuée de tout amour propre, se prête docilement aux désirs des deux hommes.
Film pornographique oblige, c’est aussi par ce biais que Yuka va finalement découvrir le plaisir. Mais, une fois n’est pas coutume, le plaisir se révèle de manière bestiale à la femme d’âge mûr. Coups et cris ne caractérisent aucunement la scène de viol de Yuka qui ne devient pas, non plus, une nymphomane insatiable. La séquence exprime plutôt la stupeur hallucinée de la victime, rendue de manière franchement incomparable par l’actrice.
Tada Yuka livre effectivement le portrait d’une femme touchante et belle dans sa simplicité, au point que l’on peut immédiatement s’identifier à son personnage de femme vulnérable, dégradée et maltraitée par les hommes, que ce soit moralement, psychologiquement et désormais même sexuellement. Si l’expérience est choquante, Yuka en tirera toutefois deux enseignements majeurs. Lui seront-ils bénéfiques ? Le film laisse la porte ouverte et démontre la complexité des émotions humaines.


















