Yazawa Reshi-bu est un réalisateur qui n’a pas froid aux yeux. En particulier lorsqu’il s’agit de s’emparer de scripts que le commun des metteurs en scène reléguera au fond du tiroir en rougissant. Par exemple, dans l’improbable SDDE-700, les membres d’une même famille s’affichent en copulant joyeusement et en toute désinvolture. Dans SDMF-040, Ippei Nakata se présente comme un grand chef cuistot, confectionnant des plats composés avec des ingrédients secrets tout droit prélevés au sein de l’intimité de sa propre fille. Des sujets foutraques, qu’il aborde toujours avec le plus grand des sérieux. Une impression générale qui sera largement confortée par START-114, probablement son meilleur JAV, alors que Yazawa Reshi-bu avait déjà mis la barre très haut.
START-114, c’est dans le même temps l’occasion de retrouver Goro qui, lui aussi, se surpasse pour l’affaire. Paumé, il passe son temps dans un appartement miteux qu’il entretient peu, voire pas du tout. Les problèmes avec sa voisine de palier sont récurrents. Et ses créanciers tapent régulièrement à sa porte. Une existence bien peu extravagante, où les surprises ne sont jamais bonnes. Pourtant, le fantastique va s’imposer lorsqu’un démon femelle lui tombe dans les bras, littéralement.
La jeune démone souhaite retourner dans son monde. Pour ce faire, elle a besoin d’énergie. Or, l’énergie, c’est le sexe.
Un point de départ boiteux qui n’empêchera pas START-114 d’exceller dans tous les domaines…
Pour commencer, nul doute que le choix de Miyajima Me pour incarner la succube ait été béni par les démons. Fine, musclée, enjouée, gourmande, coquine, amusante, elle apporte une touche fantasmagorique parfaitement dans le ton du scénario. Goro, pour sa part, excelle et s’impose désormais définitivement comme l’une des valeurs sûres du JAV dans la catégorie masculine. Si son physique peu avantageux le destine aux personnages désaxés, force est de constater que son interprétation sonne toujours juste. Ici, il s’avère particulièrement touchant en type paumé qui vient au secours d”une malheureuse fille perdue loin de chez elle. Jamais cet invraisemblable ange-gardien n’est ridicule, même lorsqu’il se met en tête de prendre soin des cornes et des oreilles pointues de sa protégée.
Le sexe entre les deux marginaux que tout oppose s’avère brillamment mis en scène par le réalisateur qui n’hésite jamais à enrichir sa mise en scène. Là, un plan met en exergue les différences entre les deux tourtereaux. Ici, il s’intéresse aux attributs extravagants du démon femelle…
Généreux, Yazawa Reshi-bu ne fait pas non plus dans l’économie avec des extérieurs en plein Tokyo surpeuplé où les deux tourtereaux se baladent main dans la main. Des pentagrammes ornent les plafonds et le sol. Des effets spéciaux mignons permettent de mettre en exergue les pouvoirs du démon. Au niveau de la réalisation, le film est pétri de petits effets finissant de démontrer la volonté du réalisateur de largement dépasser le statut de film porno.
Un pari réussi… De surcroît plaidoyer pour les différences, START-114 s’impose comme l’un des chef d’oeuvre du genre.


















